Les prix à la pompe ont sensiblement augmenté alors que la guerre en Iran se poursuit. Les craintes de voir survenir un choc pétrolier aussi puissant que celui de la guerre irano-irakienne dans les années 80 ne sont pas infondées. La présence de nos agences dans les périphéries des grandes villes nous permet d'avoir un retour rapide de nos clients. L'augmentation du prix du carburant vient grever presque instantanément les budgets des foyers les plus fragiles. Les gens sont légitimement inquiets parce que lloin des villes la voiture est indispensable. Alors pourquoi une guerre au Moyen-Orient fait-elle exploser les prix à la pompe ? Et surtout, est-ce que des gestes peuvent permettre d’en atténuer l’impact ? Nous vous donnons quelques pistes pour amortir la flambée des cours, même si, malheureusement, il n’existe pas de formule magique.
D’où vient le pétrole consommé en France ?
Avant de se lancer dans de grandes explications, il faut comprendre pourquoi les chiffres peuvent être si différents d'un article à l'autre. La plupart des médias présentent les données en adoptant une approche par le marché et l’approvisionnement global, ce qui donne par exemple : :
• États‑Unis : 22 % des tonnages importés
• Nigéria : 12 %
• Kazakhstan : 12 %
• Algérie : 10 %

Ici, on parle des flux commerciaux, tous produits confondus : brut, diesel, essence, fioul, etc. Ces chiffres montrent la réalité du marché et des contrats en cours. Cela peut induire en erreur, car on ne retrouve aucun pays touché par les représailles iraniennes. En utilisant les agrégats de l'Insee, on peut connaître la provenance du brut que nous consommons. Et là, on retrouve le Moyen-Orient bien placé avec 23 % de nos importations. Les deux modes de calcul permettent de mieux comprendre la complexité du marché, mais aussi la façon dont la France essaye de diversifier ses sources d’approvisionnement qu'il s'agisse de brut ou de pétrole raffiné. On peut dire qu'entre le COVID et la guerre en Ukraine, la France a dû travailler dur pour limiter les effets désastreux d'une dépendance énergétique ou stratégique à un pays tiers.
Malheureusement pour nous, aucun pays ne peut échapper à l'envolée du Brent.
Pourquoi le prix du baril explose ?
Imaginez un pays qui ne se fournit pas dans cette région du monde. On pourrait penser que le prix à la pompe ne sera pas soumis à cette inflation ? Ce serait le cas si le cours du pétrole n'était pas mondial. Les pays du golfe ont limité leur production après les attaques de l'Iran, ce qui fait augmenter les prix du marché en rendant le pétrole plus « rare ». Pendant ce temps, la Chine qui se fournissait en énergies fossiles en Iran a toujours besoin de pétrole et de gaz. Elle va donc se fournir sur le marché mondial. Mécaniquement, le report des importations des nations dont les fournisseurs sont situés dans le Golfe met la pression sur le marché du Brent.

Le prix du baril a dépassé les 100 dollars avant de revenir lundi autour des 93 dollars. Cette fluctuation n'est pas liée à une évolution positive sur le terrain, mais à la conférence de presse de Donald Trump : le marché du pétrole est aussi un marché spéculatif. On peut rajouter un facteur déterminant : le détroit d'Ormuz. Si l'Iran parvient à le bloquer ou pire à détruire des supertankers, toute la circulation du pétrole de la région sera bloquée ou largement ralentis. Plus ou moins 20 % de l’approvisionnement mondial transite par le détroit. A l'heure où nous écrivons ces lignes, le gazole a déjà pris 28 centimes tandis que le SP95 et l'E10 ont augmenté de 11 centimes.
Quelles sont les solutions pour limiter la casse ?
Les choses peuvent rapidement évoluer, mais si vous pensez que le gouvernement va faire un geste, il faudra être patient. La ministre en charge de l’Énergie a simplement déclaré qu'il était encore trop tôt pour offrir des aides aux Français. En France, un centime de réduction à la pompe représente environ 500 millions d’euros pour les finances publiques. Deux centimes coûtent donc déjà près d’un milliard d’euros*. En moyenne, on sait que 48 % du prix est constitué par les différentes taxes. La moindre baisse coûte une fortune aux finances de l’État. En temporisant, le gouvernement joue la montre et fait un pari optimiste : la fin du régime des Mollah et/ou la fin de l'offensive des US et/ou un détroit préservé de tout blocus.
- Côté marché automobile, que signifie cette hausse pour les particuliers ?
Pour le reste, en tant que professionnel du marché de l'occasion entre particulier, nous savons que les prix à la pompe ne poussent pas le marché vers le haut. Certains acheteurs peuvent attendre un retour à la normale, mais quand le besoin est une nécessité, le marché du VO reste la meilleure option. Les prix sont loin du neuf et on commence à trouver des voitures électriques, mais le choix est souvent orienté vers les hybrides. Si vous cherchez à vendre un modèle électrique ou hybride, c'est le bon timing.

L'autre solution pour limiter la douloureuse, c'est d'adapter sa conduite et passer en mode conduite vertueuse
- Accélération progressive
Les accélérations brusques consomment beaucoup de carburant. Appuyez progressivement sur la pédale et passez les rapports plus tôt. Plus votre conduite est fluide, moins vous consommez.
- Anticiper le trafic
Évitez les freinages inutiles en regardant au loin sur la route. Anticiper permet également d'adopter une conduite fluide.
Lever le pied tôt lorsqu’un feu passe au rouge ou lorsqu’un ralentissement se profile laisse la voiture décélérer naturellement, ce qui économise du carburant.
- Maintenir une vitesse stable
Les variations constantes de vitesse augmentent la consommation. Sur route ou autoroute, un rythme régulier permet de moins consommer de l'essence. Le régulateur de vitesse sur autoroute est particulièrement conseillé.
- Réduire la vitesse sur autoroute
Passer de 130 à 120 km/h peut réduire la consommation d’environ 10 à 15 %, tout en rendant la conduite plus sereine.
Les spécialistes parlent d'une économie de carburant pouvant atteindre jusqu'à 20 % en adoptant cette conduite plus écolo et plus écononomique.
*https://institut-mobilites-en-transition.org/en/publications/decrease-in-fuel-consumption-by-the-french-road-transport-sector-in-2023-the-beginning-of-a-lasting-trend-reversal-or-temporary-effects

