Avec un dôme de chaleur pour bien lancer la saison, les bouchons pour profiter des ponts, les automobilistes de France et de Navarre ont eu un avant-goût de l'été. Il était plutôt question d’avant-première, puis finalement d'avant-garde quand Ferrari a présenté la Luce. La première voiture 100 % électrique de Maranello ne fait pas du tout l'unanimité. Une leçon pour Citroën ? Peut-être un peu tardive. La marque aux chevrons vient d'annoncer la résurrection prochaine de la 2 CV dans une version 100 % électrique. La nostalgie semble porteuse dans l'automobile hexagonale. Et puisqu’il est question de résurrection, Mitsubishi n’est pas en reste. Disparu depuis 2021, le Pajero prépare lui aussi son grand retour. Le célèbre baroudeur reviendra dès 2026 avec une nouvelle génération pensée pour renouer avec les amateurs de vrai tout-terrain. .
La Ferrari Luce : le choc électrique
Il faut vivre avec son temps, même à Maranello. Ferrari a tourné une page historique en développant la Luce, sa première voiture 100 % électrique, après des décennies portées par les V8 et V12 atmosphériques. Une rupture majeure, même si la marque précise que le thermique n’est pas enterré. Sans surprise, l’accueil est mitigé. Chez Ferrari, chaque changement à l'ADN déclenche un débat passionné, et la Luce ne fait pas exception. Avant même d’aborder ses performances, c’est son design qui cristallise les tensions. Trop lisse, trop éloigné des codes historiques, certains vont jusqu’à dire qu’elle ressemble davantage à une berline de Palo Alto qu’à une sportive italienne. La provocation est allée plus loin sur les réseaux sociaux, où Nissan a ironisé en comparant la Luce à sa Leaf, accompagnée d’un message volontairement moqueur du type “nous sommes flattés”. De quoi amplifier un début de bad buzz.

Ce virage esthétique n’est pas un hasard. En confiant une partie du design à LoveFrom, l’agence de Jony Ive, Ferrari assume une rupture vers un langage plus minimaliste, presque technologique. L’électrique libère aussi les contraintes : plus de moteur volumineux, plus de calandre fonctionnelle, et la possibilité d’une architecture plus habitable. Résultat : une silhouette plus fluide, plus ronde, pensée pour l’aérodynamisme plutôt que pour l’agressivité visuelle. Mais sous cette douceur apparente, la Luce reste une Ferrari. Quatre moteurs électriques, environ 1 050 chevaux, un 0 à 100 km/h en 2,5 secondes et une autonomie annoncée à plus de 500 km. Le confort familial et la brutalité supercar cohabitent dans un même objet. Affichée autour de 550 000 euros, la Luce pose une question simple. Ferrari doit-elle rester fidèle à ses codes ?
Le retour de la 2 CV : La philosophie plus que la nostalgie ?
La 2 CV est un mythe et une légende de l'automobile mondiale. Notre monde court après la technologie, omniprésente dans notre quotidien, mais il aime regarder le temps passé. Mélanger l'innovation électrique et nostalgie pour les icônes d'hier est un succès presque assuré. La Renault 5 électrique est déjà un best-seller. On pourrait inscrire la 2 CV électrique dans cette démarche marketing. Ce n'est pas une icône comme les autres. C'est la voiture du peuple, peut-être l’équivalente française de la coccinelle allemande. Une 2 CV électrique n'est pas seulement un design iconique, c'est aussi un état d'esprit. L’objectif est clair : retrouver l’esprit d’origine. La 2 CV, c'est la simplicité, la praticité et le prix abordable de sa sortie, pas celui de la 2 CV Charleston en 2026. Pour Citroën, il n'y a pas d’ambiguïté : la future 2 CV ne cherche pas à reproduire fidèlement un design, mais à en conserver sa philosophie : une voiture légère, économique et accessible au plus grand nombre. Le constructeur insiste sur une mobilité “utile”, loin du gadget ou du premium électrique. Finalement là où Ferrari tente de casser le code, Citroën veut les préserver. Française de cœur, mais elle sera produite en Europe dans l’usine Stellantis de Pomigliano d’Arco, près de Naples. Il faudra attendre 2028, sauf retard, pour voir la petite française sur les routes.

Mitsubishi Pajero : le retour de l’emblème
Le Mitsubishi Pajero, c'est 40 ans de carrière, un 4x4 qui a bâti sa réputation dans des courses comme le Paris-Dakar. Dans le monde du tout-terrain, c'est un retour qui fait plaisir. La catégorie 4x4 a payé les pots cassés de l'hégémonie des SUV et le retour du Pajero pourrait annoncer des jours meilleurs pour les amateurs. Si l'effet d'annonce est plus que positif, le constructeur japonais est avare en détail : le futur modèle conservera cette philosophie en reposant sur le châssis échelle du pick-up L200/Triton, réputé pour sa robustesse et ses vraies aptitudes hors route. Mitsubishi n’a pas encore détaillé les motorisations, mais des versions hybrides pourraient être proposées afin de limiter l’impact écologique et fiscal. Une variante 100 % électrique semble en revanche peu probable. Avec le retour du Pajero, Mitsubishi espère profiter du regain d’intérêt pour les véritables 4x4 face à des SUV souvent plus urbains que baroudeurs. Un retour stratégique pour renforcer l’identité de la marque en Europe.

