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Les jeunes au volant : la fin des préjugés ?

article Une étude pour changer les regards

Dekra Automotive, associé à OpinionWay, vient tout juste de publier une étude, ainsi qu'un sondage, dont l'objectif est de mieux comprendre le regard des Français sur les apprentis de la route, entre 15 et 24 ans, mais aussi de comprendre le rapport des jeunes conducteurs à la sécurité routière. Le spécialiste du contrôle technique s'est donc lancé dans une étude sociologique de la route avec, évidemment, son lot de préjugés sur les apprentis conducteurs qui, disons-le, ne sont pas forcément les plus appréciés, sans être, non plus, totalement étranger à cette méfiance. Cela pourrait rester une simple bataille entre les générations si les chiffres n’étaient pas aussi alarmants en France et partout dans le monde.

 

Jeunes conducteurs : des chiffres (tristement) édifiants

L'Organisation Mondiale de la Santé, OMS, a fait de la sécurité routière un enjeu international. On retrouve d'ailleurs à la tête de ce combat, le Français Jean Todt que vous pourrez retrouver sur Canal + dans un reportage, peut-être un peu trop hagiographique, mais qui retrace l'histoire de cette figure incontournable de l'automobile jusqu’à son rôle d'Envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU pour la Prévention et la sécurité routière.
Cette problématique de sécurité routière concerne, évidemment, tous les pays du monde et notamment les jeunes conducteurs qui sont les premières victimes. L'OMS indique qu'au niveau mondial les accidents mortels de la circulation affectent plus les jeunes que le paludisme, la tuberculose ou que le Sida.
Dans le monde, 15 % des décès sur la route touchent la population des 15 - 24 ans. Le compte macabre débute à 15 ans :  les deux-roues sont comptabilisés et on sait qu'en général ils sont les premières victimes sur les routes.
En France, les chiffres de la sécurité routière sont sans appel : 17 % des décès sur la route concernent cette classe d'âge. C'est au-dessus des chiffres de l'OMS, mais en plus, la France se situe au-dessus des taux de mortalité des 15-24 de nos voisins européens :

  • Allemagne : 14  %
  • Espagne 10  %
  • Italie 12 %

L’étude de Dekra tombe à point nommé pour mieux comprendre les usagers de la route en commençant par la façon dont ils se voient et leur rapport à l'automobile. Attention, des préjugés vont imploser.

Les jeunes au volant : la fin des préjugé

Les conducteurs de 18 - 24 ans sont attachés à leurs voitures !

Le plus étonnant, car c'est à l’opposé de qu'on nous dit à longueur de temps, c'est le rapport à l'automobile. La nouvelle génération serait autophobe et privilégierait les autres mobilités. Et bien l’étude démontre que :

  • 58 % préfèrent l'automobile pour les déplacements quotidiens
  • 68 %  associent la voiture à  la notion de plaisir

On sait que le permis de conduire insiste lourdement sur l'entretien du véhicule et on dirait bien que cela paye :

  • 83 % pensent qu'un véhicule bien entretenu pollue moins
  • 96 % affirment qu'une voiture bien entretenue est plus sûre.

Automobilistes  les 18 – 24 ans : plutôt objectif ?

Par contre, les jeunes semblent plutôt objectifs sur leurs connaissances puisqu'un jeune conducteur sur deux admet ne pas s'y connaître en matière d'entretien de leur véhicule. Cela peut s'expliquer par la complexité des voitures d'aujourd'hui où tout semble avoir été conçu pour que le propriétaire passe par un spécialiste.

Au niveau de la sécurité, on retrouve l'idée que les jeunes nouvellement formés se sentent à 68 % plus au point sur le Code de la route que les condcuteurs plus âgés. Ce qui est intéressant, ce sont leurs réponses sur les facteurs de risques avec en tête de liste et 48 % des sondés, les distractions au volant. Quand ils parlent de la nature de ces distractions, on retrouve, malheureusement sans grande surprise :

  • 65 % évoquent le fait d'entrer une destination dans le GPS
  • 45 % sont déconcentrés par leurs passagers
  • 41 % par l'activation ou la désactivation d'une aide à la conduite, dont le limitateur de vitesse
  • 34 % évoquent le smartphone pour les SMS
  • 29 % sont gênés par l’utilisation d'un casque audio pour écouter de la musique


La génération 15-24 ans connectée dès la naissance profite des aides à la conduite, mais finalement pas beaucoup plus que leurs aînés : ils utilisent plus les caméras de recul, 58  contre 55 % pour les personnes de plus de 29 ans, mais ils sont plus friands du détecteur des angles morts avec 20 % contre 12 %.
Il reste bien évidemment une réalité économique puisque les plus jeunes n'ont pas forcément accès aux derniers véhicules et leurs technologies de pointe.

L'image des jeunes conducteurs encore et toujours négative

L'image des jeunes conducteurs encore et toujours négative


Les jeunes conducteurs sont déconsidérés par la majorité qui estime qu'ils roulent beaucoup trop vite,  75 %,  tandis que 58 % pensent qu'ils provoquent plus d'accidents.  Ces chiffres sont sans doute étayés par les statistiques d'accidentologie, mais rien ne démontre que les 18-24 ans roulent plus vite que les autres catégories d'âges. Les préjugés sont ténus et c'est pourtant là-dessus que les sondés se basent pour demander une réglementation plus stricte pour les jeunes conducteurs :

  • 84 % des sondés veulent une interdiction totale de l'alcool aux volants
  • 76 % des sondés souhaitent un apprentissage progressif à la conduite
  • 74 % des sondés aimeraient un bridage de la vitesse sur les véhicules des jeunes conducteurs

Entre des mesures coercitives et la pédagogie punitives, le programme des réjouissances, concoctés par leurs pairs, semble à la hauteur de la réputation des jeunes au volant. Évidemment, on pourrait aussi mettre sur la table les études sur les conducteurs seniors pour équilibrer les débats. Entre les préjugés sur les femmes au volant, la peur des jeunes sur la route et la défiance face aux conducteurs âgés, on comprend mieux le manque chronique de civisme sur les routes de France puisque, finalement, c'est toujours la faute de l'autre...

Publié le 25 Novembre 2022