Tout a commencé dans nos news avec un paragraphe annonçant la fin programmée des poignées rétractables, et puis la petite musique est devenue entêtante : trop d'écrans, trop de technologie embarquée, trop de tout, pas assez de voitures, et surtout pas assez de ventes. Dans ce bruissement, le plus étonnant, et contre-intuitif, est l'annonce du retour du diesel chez Stellantis qui, de surcroît le fait aux yeux et au su de tous.La limitation du tactile et des écrans éponymes est un choix plus ou moins orienté, mais qui répond également à un désir de simplification des utilisateurs. La fée électricité n'est plus à la fête et le mythe du 100 % électrique bat de l’aile. Diesel, boutons physiques, gabarits réduits : les signaux convergent. Le développement de Kei-cars adaptées au marché européen confirme cette recherche. Ce qui ressemblait hier à une course vers toujours plus d’écrans, plus de puissance et plus d’électrification semble laisser la place à un retour aux fondamentaux.
Stellantis : le retour du diesel
Si beaucoup de constructeurs ont freiné tout dernièrement sur l'électrique, on ne pensait pas que le moteur dont le nom est presque devenu tabou serait relancé par l'un des spécialistes mondiaux et historiques. Stellantis a relancé son offre et élargit sa gamme notamment sur les familiales et les utilitaires. Les exemples les plus frappants sont l'ajout d'une motorisation diesel au Peugeot 3008 et à l'Alfa Roméo Giulia. Le Berlingo, le Professional Qubo L de Fiat, l’Opel Combo et le Peugeot Rifter seront eux aussi dotés d'une motorisation diesel.

Si les ventes se sont écroulées ces dernières années, c'est quasiment 50 % du parc automobile qui roule encore au diesel. Ce retour en arrière est un vrai coup de poker avec 22,2 milliards d'euros sur le tapis ! Le groupe ne fait pas dans le secret et l'annonce fièrement. On peut trouver des explications simples à cette stratégie : la Chine a déjà conquis 10 % du marché, mais les constructeurs de l'Empire du Milieu s'attaquent exclusivement au marché de l'électrique et de l'hybride, laissant libre le segment du diesel. Les lois environnementales et les inflexions européennes laissent aussi plus de marge aux constructeurs pour pérenniser ces motorisations. Après avoir annoncé partout la mort du diesel, il semble revenir en grâce ; Stellantis ne devrait pas être le seul car l'électrique semble heurter son plancher de verre. Le retour du diesel est l'un des indices, mais si je vous dis que les écrans tactiles sont menacés eux aussi ?
La guerre des boutons : le physique tient sa revanche
Les boutons physiques vont revenir en force dans nos habitacles. Vous avez dû le remarquer : dans les voitures récentes, il est nécessaire de se rendre sur l’écran principal et de chercher la fonctionnalité, parfois dans des sous-menus quand auparavant il suffisait de pousser ou de tourner un bouton. Les derniers modèles sont totalement inféodés à l'univers tactile avec des écrans de plus en plus grands et de plus en plus performants. Les designers de l'expérience utilisateur vendent de la technologie et un usage intuitif : tout est concentré au même endroit et se dirige du bout des doigts.

C'est le principe, mais la réalité est toute différente. Le premier accroc est l'ergonomie : beaucoup de ses solutions sont conçues par les spécialistes des smartphones, comme Google ou Apple. L'écran et l'ergonomie sont adaptés pour l'usage à l'arrêt, mais pas pendant la conduite. Entre un bouton pour lancer la climatisation et un sous-menu sur un écran, on passe de l'expérience utilisateur à la sécurité routière. L'écran capte le regard et entraîne une baisse de vigilance du conducteur : plus l'option est loin dans les menus, moins les yeux sont sur la route et plus le cerveau va se faire happer par l'écran. C'est un biais cognitif qui a été démontré et qui n'a pas échappé à une entité indépendante : Euro NCAP, European New Car Assessment Program.
Les normes : du côté des boutons
Si une organisation a le pouvoir de transformer radicalement l'automobile, c'est Euro NCAP. Sans avoir le pouvoir d'homologuer un modèle, l'organisme indépendant est devenu un acteur incontournable avec ses fameuses cinq étoiles qui couronnent les voitures les plus sûres. L'année dernière, Matthew Avery, directeur du développement stratégique d'Euro NCAP, a déclaré « nos prochains tests vont inciter les constructeurs à revenir aux commandes physiques »

.En résumé, les nouveaux modèles devront répondre à cette norme pour prétendre aux cinq étoiles. Euro NCAP, en imposant cette norme, relance de facto les boutons physiques et par ricochet, limite l'essor de la voiture digitale. C'est donc sans surprise que Volkswagen a annoncé le retour des boutons dans ses voitures, mais aussi dans celles des autres marques du groupe. Cela ne sonne pas le glas des écrans tactiles, mais les commandes essentielles vont redevenir accessibles simplement et sans quitter la route des yeux.
Si vous ne souhaitez pas attendre, n'hésitez pas à chercher une voiture d'occasion chez Mon Agence Automobile.fr
