Juste avant la fin de l'année, un changement dans la loi s'invite entre Noël et le jour de l'an. Elle vient alourdir sensiblement les sanctions pour les grands excès de vitesse, c'est-à-dire les dépassements de la limite autorisée de plus de 50 km/h. Ces excès de vitesse vont monter en grade et passer du stade de contravention à celui de délit. Ce changement sémantique entraîne une modification profonde de la nature des sanctions. La vitesse a toujours été l'ennemi numéro un de la sécurité routière, mais avec le temps, d'autres combats sont venus prendre la lumière comme l'alcool et les drogues, mais aussi l'utilisation du smartphone au volant. Pourtant, la vitesse reste la principale cause des accidents sur les routes de France. Elle s’ajoute à d'autres facteurs et aggrave le risque de mortalité, de blessures graves et d'accidents. Cette loi s’inscrit dans le durcissement souhaité par les associations et le gouvernement. Elle vient sanctionner une augmentation sensible des excès de vitesse de plus de 50 km/h depuis quelques années.
Petit rappel sur la vitesse au volant
Tout le monde le sait, la vitesse est dangereuse au volant. Dans le même temps, la multiplication des radars, des voitures radars, des contrôles divers et variés ont créé un réflexe, pour la plupart d'entre nous, de modération sur la pédale. Finalement, on le fait plus par peur de la sanction et on ne sait plus que vaguement quel rôle la vitesse joue dans le risque d'accident et ses conséquences sur les autres usagers de la route qu'ils soient motorisés ou à pied, à vélo, etc. La vitesse joue un double rôle : elle aggrave les accidents tout en étant l’une des principales causes de leur arrivée. Trois mécanismes principaux expliquent pourquoi elle est si redoutable.
Le temps de réaction :
Ce n'est pas parce que vous roulez vite que votre cerveau pense plus vite. Au contraire même : il se pourrait que plus un automobiliste roule vite sur une route ouverte, plus il dépasse les limitations, plus sa capacité de réflexion serait limitée. Sans plaisanter, la vitesse impacte le temps de réaction utile. Cette dernière représente l'intervalle de temps dont un conducteur dispose pour éviter le danger : voir, décider et agir.
- À 50 km/h, une seconde, c'est 14 mètres parcourus.
- A 90, km/h, une seconde, c'est 25 mètres parcourus.
Votre temps de réaction utile se réduit tandis que votre capacité de réaction ne change pas. Évidemment, ce temps de réaction utile dépend aussi de votre vision donc de votre visibilité, de la météo, de la présence dans votre organisme produits affectant votre conduite. Il y a d'autres facteurs, mais vous pouvez lire toutes les théories qui veulent minorer l'impact de la vitesse, aucune ne peut aller contre la science : la vitesse obéit à des lois fondamentales. Vous connaissez Newton ? Et bien, c'est notre deuxième point.
La distance de freinage et la force du choc
Là encore, vous allez constater que la vitesse n'est pas un point de vue, mais de la science. Un véhicule génère de l’énergie cinétique et de l'inertie. Il s'en passe des choses au volant ! Si vous doublez votre vitesse, vous doublez l’énergie cinétique. Cette énergie en cas de freinage doit se dissiper et vous le savez tout se transforme, rien ne disparaît en physique. Elle va être évacuée en chaleur au niveau des freins ce qui se traduit par l'usure. Tant que le freinage est maîtrisé, l'énergie va pouvoir se dissiper avec la décélération. Quand un choc survient, elle va s'évacuer brusquement et causer des déformations à la carrosserie jusqu’à dépasser le seuil de tolérance des matériaux et se déporter sur le corps. On pense qu'avoir une grosse voiture est une sécurité en cas de choc, mais si votre véhicule est gros et absorbe mal l’énergie cinétique, ce sont les passagers qui risquent de subir le plus gros des dégâts. Quand vous entendez durant les repas de fêtes le discours sur la vitesse comme un moyen de faire de l'argent sur le dos des automobilistes ou que la vitesse avec les technologies embarquées n'est plus un problème, répondez : énergie cinétique. Imparable.
Grand excès de vitesse : direction prison
Lundi 29 décembre 2025 est le premier jour du délit de grande vitesse. On le répète à titre informatif : un délit de grande vitesse est un dépassement de la limitation de 50 km/h. C'est tout sauf anodin, car si la création d'un homicide routier avait une porté symbolique, les peines encourues ne sont pas du tout les mêmes et les conséquences pour les personnes coupables de ce délit sont sans équivoque. Voici, les peines maximales pour ce délit :
- Trois de mois de prison
- 3750 euros d'amendes
- Inscription au casier judiciaire
- Confiscation du véhicule
- Suspension du permis de conduire jusqu’à trois ans
- interdiction de conduire certains véhicules terrestres à moteur pendant cinq ans maximum
- Obligation de suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière
- Retrait de six points sur le permis de conduire
La violence routière semble revenir en force et que l'on parle de l'explosion des refus d’obtempérer ou des grands excès de vitesse, les chiffres bondissent. Pour ces derniers, on note une augmentation de 69 % depuis 2017 ! Les autorités espèrent que le renforcement des sanctions aura des vertus pédagogiques et permettra de limiter les comportements inconscients qui menacent tous les autres !


