Comme chaque 1er février, l’actualité automobile apporte son lot de changements, parfois attendus, souvent redoutés. Cette année, nous avons choisi de ne pas nous attarder sur la hausse des péages, ni d’ouvrir le dossier sensible du CPF et du permis de conduire avant l’entrée en vigueur des nouvelles règles. Nous avons préféré une sélection des news plus ludiques et plus orientées culture automobile. Au programme, un anniversaire symbolique : 140 ans pour la première automobile de l’histoire, toute particulièrement honorée par un constructeur allemand. Puis, détour par le Japon avec une sportive devenue objet de fascination, dont le prix interroge autant qu’il intrigue. Enfin, impossible de conclure cet article sans évoquer Tesla qui annonce l'air de rien une nouvelle ère à ses clients.
Mercedes fête les 140 ans d'une étoile
Il y a des raccourcis qui font les belles histoires et le storytelling des marques. Peut-être avez-vous lu que Mercedes-Benz avait fêté ses 140 ans dans son écrin de Stuttgart. Les connaisseurs ont dû tiquer car 2026, c'est le centenaire du constructeur allemand. Si ces 140 ans restent tout de même lié à la flèche argentée, c'est au travers de l'histoire de l'un de ses deux fondateurs, Carl Benz, qui est à l'origine du premier brevet de l'histoire pour une automobile Les premiers véhicules à vapeur sont nés avant 1886, mais la Benz Patent-Motorwagen est considérée comme la toute première. Ce brevet n’est pas anodin et pas seulement parce qu'il écarte les autres prétendantes. projette l’automobile dans une logique industrielle, fondée sur l’autonomie, l’usage routier et la production en série.

On peut dire que la Patent-Motorwagen est le premier concept abouti d'une automobile. Le brevet DRP 37435 du 29 janvier 1886 est considéré comme l'acte de naissance de l'automobile. Si vous avez lu notre article sur les femmes dans l'histoire de l'automobile, vous connaissez déjà Bertha Benz. Elle fut la première personne à conduire une automobile sur 150 km. Bertha Benz démontra ainsi que la Patent-Motorwagen était fiable et pouvait remplacer avantageusement un cheval. La légende dit qu'elle solutionna une panne à l'aide d'une épingle et de sa jarretière : en plus d'être capable de parcourir une distance de 150 km, la voiture se réparait plus facilement qu'un chariot. On ne pourra pas vous dire que la première voiture de l'histoire était une Mercedes-Benz. C'était déjà une Benz qui annonçait le début de l'histoire automobile, les prémisses de l’une des marques les plus prestigieuses et l'un des constructeurs les plus féconds de l'histoire. De quoi faire fêter l’événement chez Mercedes-Benz, non ?
NSX Type R NA2 : 800 000 euros pour une légende
C'est un temps que les moins de 20 ans n'ont pas connu. Honda n'est sans doute pas le constructeur le plus couru en France. En 2025, on comptait près de 5 063 Honda neuves immatriculées dans l'Hexagone. Alors, si je vous parle de la Honda NSX, on touche à une poignée de fans sans doute bercés trop près de Need for Speed ou de Fast & Furious : Tokyo Drift. Pour les autres, ce modèle est né, il y a plus de trente ans. Il est côté autour des 100 000 euros. Imaginez la tête du monde automobile quand Honda débarque en 1990 et présente une supercar capable de tutoyer, voire de concurrencer Ferrari ou Porsche. La NSX est propulsée par un V6 à la sonorité unique. Le châssis en aluminium aurait reçu la bénédiction d'un maître de la F1 : Ayrton Senna.

La technologie japonaise libère la boite manuelle, la direction est directe et la maniabilité est qualifiée d'exceptionnelle. Honda a signifié au monde de l'automobile qu'il était capable de rivaliser avec eux et que le Japon n'était pas uniquement le pays des Kei cars. Honda montra le chemin aux autres constructeurs nippons. La NSX est un haïku dédié à l'automobile : simple, efficace, performant et fiable. Et puis, histoire de marquer le coup, Honda sort une série limitée à 140 exemplaires de la NSX Type R NA2. C'est ce modèle qui est estimé aujourd'hui à 800 000 d'euros.
Tesla : Optimus remplace le S et le X
Tesla est à l'image de son fondateur pour le moins déroutant. Nous apprenions la semaine dernière que le Model S et Y ne seraient plus produits. Le Model S est le premier de la jeune histoire du constructeur californien. La fin de la production n'est pas une surprise, mais le fait qu'il ne soit pas remplacé dans la gamme tout comme le modèle Y laisse songeur. On sait qu'Elon Musk était très fier de son acronyme S3XY qui résumait la gamme de la marque. Sans le S et le X, il ne restera plus que le modèle 3 et Y qui ne semblent pas capables de soutenir le business modèle de Tesla. C'est évidemment sur Twitter que la marque a annoncé que les usines californiennes ne fabriqueraient plus de voitures.

Elles seront exclusivement dédiées à la production d'Optimus, le robot humanoïde de Tesla. Basé sur les technologies d’IA, de vision et de pilotage développées pour les voitures Tesla, Optimus est censé aider son propriétaire dans ses tâches quotidiennes. C'est le futur de Tesla et comme souvent avec Elon Musk et ses congénères, c'est également celui de l'humanité. Tesla laisse entendre que les voitures électriques ne seraient plus sa priorité. Certains observateurs imaginent même que le Cybercab serait le dernier modèle d'automobile électrique produit par Tesla. Il faut rester prudent parce que les discours grandiloquents de la Silicon Valley ne sont pas toujours à prendre au premier degré. Est-ce que c'est un effet d'annonce ou un véritable changement de stratégie qui serait unique dans l'histoire du secteur ? Une affaire à suivre de près !

